Les Casques de Cuir – Collection Salis fêtent le centenaire comme il se doit avec la traversée de la Manche par Edmond Salis le 25 juillet 2009 (3ème génération de Salis à réussir la traversée).
"Je suis fier, mais l’exploit, c’est Blériot qui l’a fait", a conclu Edmond Salis à son arrivée en Angleterre."
L’événement a été largement relayé par les média : radio, tv & journaux.
Merci à tous.
Ci-dessous l'article du Point.fr paru pour cette événement accompagné des photos de Frédérick Vandentorren et de Pool Images
Partira, partira pas ? Depuis le lever du jour, ce samedi anniversaire du centenaire de la traversée de la Manche le 25 juillet 1909, des milliers d'amoureux de l'aviation hument le vent près de la plage d'où décolla l'aviateur. Le vent est, en effet, la clé du décollage possible vers l'Angleterre. Et il souffle à plus de 20 km/h, ce qui n'est pas compatible avec l'envol du frêle aéronef de bois et de toile qu'est le Blériot XI. Aux commandes de la reproduction exacte de l'appareil, Edmond Salis, le petit-fils de Jean-Baptiste Salis, créateur de cette mecque de l'aviation qu'est l'aérodrome de La Ferté-Alais.
Vers 8 h 30, le vent faiblit à Blériot-Plage. À Douvres, de l'autre côté du pas de Calais, il est tombé. La tentative organisée par l'Aéro-Club de France devient possible. Le Blériot XI se met en place dans un des angles du champ. Il décollera en diagonale, face au vent qui souffle sensiblement depuis là Grande-Bretagne. La mise en route du moteur s'accompagne d'une odeur caractéristique, celle de l'huile de ricin qui lubrifie le propulseur rustique du Blériot XI.
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9 h 15, décollage. Tout le monde retient son souffle. "C'est le moment le plus délicat", nous expliquera Edmond Salis à son arrivée à Douvres. La libellule quitte le champ sans difficulté monte doucement, mais sûrement, et 90 secondes plus tard franchit la plage.
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La vitesse de progression vers Douvres est faible, de l'ordre de 40 km/h, car le vent de face freine l'avion. Cinq hélicoptères escortent le Blériot XI. Contrairement à Blériot qui avait décollé par mauvaise visibilité, Edmond Salis, lui, a dès l'envol les falaises de Douvres en vue. "C'est très motivant. La seule chose importante après avoir quitté le sol, c'est la bonne tenue du moteur. Mais là, j'ai confiance, car je le connais", avoue le pilote qui confie toutefois sa vie à un moteur conçu il y a un siècle. Edmond Salis a d'ailleurs envisagé le pire : son avion était équipé d'une structure gonflable au cas où. Lui-même est habillé en haut en aviateur avec un grand manteau en cuir et la célèbre écharpe blanche. En bas apparaît une combinaison isotherme de plongée lui donnant des airs d'homme-grenouille. Blériot n'avait pas ce type d'équipement et, de plus, ne savait pas nager.
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Dix minutes après le décollage, le Blériot XI franchit le premier quart de la traversée. Il vole à une centaine de mètres au-dessus de l'eau. La vitesse accélère, de l'ordre de 55 km/h, ce qui confirme qu'à l'approche de l'Angleterre le vent faiblit. L'avion fait une route parallèle à celle des nombreux ferries qui assurent le trans-Manche. Il croise des pétroliers et des porte-conteneurs, d'abord sur le rail montant d'ouest en est. Blériot, en 1909, pouvait apercevoir des trois-mâts de commerce et un bateau militaire français qui tentait de l'escorter. Au milieu de la Manche, le ciel comme la mer sont bleus, à peine mouchetés par quelques cumulus et quelques moutons. Les ailes en toile légèrement jaune du Blériot XI réfléchissent le soleil. C'est magique. On distingue maintenant les trois antennes sur les falaises de Douvres que l'avion devra contourner pour atterrir sur le champ d'aviation d'une école militaire.
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À l'approche des côtes, Edmond Salis fait légèrement monter son avion vers 200 mètres d'altitude. C'est prudent, car les turbulences générées par les falaises pourraient être fatales et il vaut mieux garder un peu de marge. En même temps, il double un ferry qui, lui, ralentit à l'approche du port. Un grand virage au-dessus des docks permet de contourner les antennes par la droite, puis de revenir atterrir. À ce stade, le moteur peut tomber en panne, l'avion continuera en plané. L'atterrissage est impeccable sur un gazon anglais tondu ras et bien damé. Comme en 1909, un grand drapeau français guide l'avion au sol. "Fier, oui. Mais l'exploit, c'est Louis Blériot qui l'a fait il y a un siècle", relativise Edmond Salis qui a traversé en 38 minutes et 30 secondes, un peu moins vite que Blériot qui n'avait pas rencontré un vent contraire aussi fort.
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